Le bondage
Nous ne vous ferons pas l'injure de vous apprendre que le terme bondage est le mot anglais pour "ligotage".
Souvenirs et fantasmes
Rappelez-vous, quand vous étiez enfant... Quand vous jouiez aux cow-boys et aux indiens, et que vous étiez capturé(e) par le camp ennemi pour être "ligoté(e) au poteau de torture", n'étiez-vous pas traversé(e) par un frisson de plaisir que vous n'auriez avoué pour rien au monde ? Et maintenant, est-ce qu'il ne vous arrive pas d'avoir envie de murmurer à l'oreille de votre amant(e) : "J'ai envie que tu m'attaches." A moins que ce ne soit : "Tu veux bien que je t’attache ?" Vous n'osez pas ? Et s'il (elle) n'attendait que ça ? Si vous ne lui posez pas la question, vous ne le saurez peut-être jamais...
Ces liens qui nous libèrent
Peut-être vous demandez-vous simplement comment quiconque peut éprouver du plaisir à être ligoté. Contrairement à
une croyance répandue (surtout parmi ceux qui ne pratiquent pas le ligotage ?), vouloir être ligoté n'est pas nécessairement le fait d'êtres soumis, effacés, ou aimant souffrir. Certains
psychologues assurent même que des individus dominateurs et sur qui pèsent toutes sortes de responsabilités n'aiment rien tant que d'être étroitement ligotés, et de n'avoir enfin aucune
décision à prendre, étant entièrement soumis au bon vouloir de l'autre. D'autres vont même jusqu'à y voir une forme de thérapie : après le bruit et l'agitation du monde, subir une
immobilité et un silence forcés peut être une porte ouverte sur une forme de méditation,. On se laisser aller plus facilement quand on est attaché. Telle personne qui n'ose pas gémir et crier
sans retenue quand le plaisir arrive, ou s'allonger confortablement et se laisser complaisamment lécher et sucer par son partenaire, pourra le faire plus facilement une fois
ligotée...
Passage à l'acte
Alors, supposons qu'à votre question, l'autre a répondu (avec un petit sourire) "Oui, pourquoi pas ?"... Votre coeur fait des bonds dans votre poitrine. Peut-être même que vos mains tremblent un peu : ça y est, vous êtes en train de réaliser un sacré fantasme ! La première fois, vous avez sans doute utilisé ce qui vous tombait sous la main : les ceintures de vos peignoirs éponges, les vieilles cravates de Monsieur, un reste de câble électrique (souple, de préférence)... Et pour les noeuds, vous avez improvisé... Par la suite, vous avez certainement cherché à vous "documenter", et peut-être qu'au cours de vos surfs sur le Net, vous êtes tombé(e) -certainement pas par hasard- sur des photos de Japonaises étroitement ligotées.
Cordages
Le ligotage n'utilise pas n'importe quelle corde. Les puristes préfèrent le chanvre ou le jute, mais au supermarché du coin, vous trouverez plus facilement des cordes en nylon ou en polypropylène. Un conseil : voyez grand d'entrée de jeu. Un rouleau de 10 mètres de corde est très insuffisant. Prenez au moins 30 ou 40 mètres pour commencer. Vous verrez : vous utiliserez tout. Et vous irez acheter un second rouleau. Voire plus si affinités. Côté diamètre : un gros diamètre (6 à 10 millimètres), est préférable. Une corde trop fine aura tendance à "scier" la peau, et les noeuds seront plus difficiles à défaire. Et ils seront moins jolis sur les photos (ne nous dites pas que vous n'allez pas faire de photos, nous ne vous croirons pas).
Précautions
Le ligotage est un jeu amusant et agréable (même, et peut-être surtout, pour celui ou celle qui le "subit") mais, comme n'importe quel autre jeu, il nécessite quelques précautions élémentaires pour ne pas devenir un jeu dangereux.
- Ayez toujours une grosse paire de ciseaux à portée de main. Vous pouvez avoir à détacher votre "cobaye" très rapidement en cas d'urgence, et s'il y a tout plein de noeuds à défaire, vous êtes mal partis, voire pas partis du tout. Alors, ayez cette paire de ciseaux dans la pièce (non, pas dans la pièce "juste à côté"). Et vérifiez avant qu'elle est capable de couper votre chère corde.
- Ne passez jamais un lien serré devant le cou. Derrière la nuque, pas de problème. Mais devant : jamais. Vous êtes prévenus : ne jouez pas au pendu.
- Surveillez les extrémités (mains, pieds) de votre cobaye. Si elles deviennent blanches, puis bleues, c'est que vous avez trop serré les cordes, et que vous empêchez la circulation du sang de se faire normalement. C'est dangereux : vous pouvez créer des lésions irréversibles. Défaites immédiatement les liens, et frictionnez les membres concernés pour faire circuler le sang.
- De même, si votre cobaye se plaint de picotements ou d'engourdissement dans les membres, c'est que là encore vous avez trop serré. Si vous l'avez bâillonné(e) -ce qui peut faire partie du jeu- vous aurez convenu d'un signal sans équivoque pour qu'il ou elle vous signale ce type de problème. Vous pouvez lui glisser une bille au creux de la main, si elle (il) la laisse tomber, cela voudra dire qu'elle (il) a quelque chose d'important à vous dire...
Ambiance
Celui (celle) que l'autre ligote est en général nu(e), bien que ce ne soit pas une obligation. Mieux vaut donc éviter qu'il ne règne dans la pièce une température polaire : pensez à régler le chauffage à votre convenance.Question importante: music or not music?
Accessoires
Votre amant(e) est prêt(e) à se laisser ligoter. Vous avez les cordes. Vous avez le local (votre chambre, ou toute autre pièce de la maison - si votre cave est sèche, bien chauffée, et pas trop encombrée, vous pouvez même l'aménager en "donjon"...) Il ne vous manque donc plus rien !
Et pourquoi pas quelques accessoires ? Par exemple : Une chaise. Surtout si elle se prête bien aux ligotages avec ses nombreux barreaux... Mais même une chaise toute simple est riche de possibilités.
Parmi les nombreuses raisons de se laisser ligoter, les sensations procurées sont parmi les plus importantes. Pour permettre à la "victime" d'apprécier pleinement ces sensations, il peut être utile de la priver de certains de ses sens, comme la vue et l'ouïe. Pour la vue, il est possible d'improviser un bandeau avec un simple foulard, ou d'utiliser un masque opaque.
Et pour augmenter l'impression d'impuissance de la victime, vous pouvez lui mettre un bâillon, par exemple un "baillon-boule" qui comporte une boule de quelques centimètres de diamètre à placer entre les lèvres, et d'une lanière à attacher derrière la tête.
Et ensuite...
La seule limite aux figures possibles est dictée par trois facteurs: votre imagination, la quantité de corde dont vous disposez, et bien entendu les considérations de sécurité.
Pour finir
Tout ceci peut sembler un peu compliqué et très théorique... mais il faut avoir contemplé l'être aimé étroitement ligoté, tel un diamant serti dans sa monture, pour comprendre l'aspect esthétique du ligotage. Et il faut avoir ressenti soi-même la caresse rugueuse de la corde sur sa peau, et la pression omniprésente sur son propre corps, pour comprendre le plaisir que l'on peut prendre à être ligoté.